Cette page rassemble les notions essentielles et conduit vers des dossiers plus spécialisés. Les capacités, contraintes et règles doivent toujours être vérifiées pour le terrain et l’usage concernés.
La réponse courte : assistant de sécurité, oui ; agent autonome, non
La forme humaine possède un avantage théorique. Nos bâtiments sont conçus pour des jambes, des bras et des mains. Un humanoïde peut envisager de monter un escalier, ouvrir une porte, appuyer sur un bouton, déplacer un objet ou utiliser un équipement prévu pour une personne.
Cet avantage ne suffit pas à créer un agent de sécurité. Une mission de sûreté exige une disponibilité élevée, une navigation répétable, une perception fiable de nuit, une résistance adaptée, une communication sécurisée et une procédure d’intervention. Elle exige surtout du jugement : distinguer un visiteur perdu d’une intrusion, apprécier un conflit et décider quand appeler un humain ou la police. Le cadre de référence est précisé dans CISA · intégration sécurisée de l’IA dans les technologies opérationnelles.
En 2026, les humanoïdes les plus avancés prouvent surtout des compétences ciblées dans des usines, des entrepôts, des laboratoires et quelques environnements domestiques. Ces résultats sont importants. Ils ne prouvent pas une autonomie générale en sécurité.
Le programme de référence du NIST consacré aux humanoïdes souligne d’ailleurs le manque de mesures comparables et rigoureuses. Une vidéo fluide ou une démonstration publique ne remplace pas un test répété sur le futur site. Le cadre de référence est précisé dans NIST · benchmark de performance des humanoïdes.
Pour la plupart des missions actuelles, un robot roulant, un quadrupède ou un drone reste plus simple, plus mature et plus facile à sécuriser. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans Unitree H2 · page officielle.
Ce que les déploiements de 2026 démontrent réellement
Les progrès les plus convaincants viennent de la logistique et de la production. Agility Robotics indique que Digit a déplacé plus de 100 000 bacs dans un déploiement commercial chez GXO. Figure rapporte que Figure 02 a fonctionné plus de 1 250 heures et chargé plus de 90 000 pièces sur une ligne BMW. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans Agility Robotics Digit · 100 000 bacs déplacés et Figure · résultats de production chez BMW.
Boston Dynamics a lancé en 2026 la version produit d’Atlas, avec de premiers déploiements industriels annoncés. UBTECH présente Walker S2 comme un humanoïde industriel produit et livré pour des opérations de manutention et d’assemblage. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans UBTECH Walker S2 · page officielle et Boston Dynamics Atlas · page officielle.
Ces résultats montrent que la marche, la préhension, l’équilibre et l’intégration à un flux métier progressent. Ils concernent des tâches préparées, des objets connus, des zones cartographiées et des procédures contrôlées. La sûreté introduit des événements rares, ambigus et parfois hostiles. C’est une difficulté différente.
En Chine, les robots EngineAI PM01 et SE01 ont accompagné des policiers pendant un événement à Shenzhen en 2025. La source publique documente leur présence et leurs mouvements. Elle ne documente pas une qualification autonome des incidents ou l’exercice de pouvoirs de police. Il faut parler d’une démonstration accompagnée, pas d’un agent déployé. Le cadre de référence est précisé dans Shenzhen · démonstration PM01 et SE01.
Aux États-Unis, RAD a annoncé le développement de HERO, un humanoïde pensé pour la sécurité. L’annonce présente des objectifs de patrouille et d’interaction. Elle ne prouve pas qu’une flotte commerciale a assuré des rondes mesurées sur la durée. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans RAD HERO · annonce officielle.
Pour approfondir ce point, consultez Robots de surveillance. Les plateformes actuellement les plus adaptées aux rondes.
Les humanoïdes à suivre pour la sécurité
Cette sélection ne classe pas les robots par effet spectaculaire. Elle distingue les preuves industrielles, les démonstrations de sécurité et les ambitions encore non confirmées. Aucun modèle ne peut aujourd’hui être présenté comme un remplaçant éprouvé d’un agent.
| Plateforme | Région | État vérifiable | Apport pour la réflexion sécurité | Ce que cela ne prouve pas |
|---|---|---|---|---|
| EngineAI PM01 et SE01 | Chine | Présence aux côtés de policiers lors d’un événement à Shenzhen | Marche en espace public et participation symbolique à une patrouille | Aucune mission autonome ou intervention documentée |
| Unitree H2, H1 et G1 | Chine | Plateformes proposées aux développeurs et clients | Bases pour recherche, téléopération et intégration de capteurs | Aucun déploiement de sûreté documenté par le fabricant |
| UBTECH Walker S2 | Chine | Production, livraison et tâches industrielles | Gestion de l’énergie, manipulation et exploitation en usine | Pas de patrouille de sécurité prouvée |
| XPENG IRON | Chine | Développement avancé et scénarios annoncés | Interaction, marche et inspection envisagées | Pas de service de sécurité documenté |
| Agility Robotics Digit | États-Unis | Déploiement logistique commercial et plus de 100 000 bacs déplacés selon le fabricant | Preuve de répétabilité dans une tâche physique | Pas de ronde ou de gestion d’incident |
| Figure 03 | États-Unis | Nouvelle génération issue du retour industriel de Figure 02 | Locomotion et manipulation coordonnées | Pas de mission de sécurité documentée |
| Boston Dynamics Atlas | États-Unis | Version produit lancée en 2026 | Intégration de flotte, manipulation et échange de batterie | Pas d’offre de sécurité démontrée |
| Apptronik Apollo 2 | États-Unis | Plateforme industrielle et pilotes annoncés | Mobilité modulaire et manipulation | Pas de disponibilité démontrée comme robot de garde |
| 1X NEO | Norvège et États-Unis | Humanoïde domestique avec assistance humaine distante | Montre l’importance de la reprise en main | Conçu pour la maison, pas pour la sûreté |
| RAD HERO | États-Unis | Développement annoncé comme humanoïde de sécurité | Positionnement directement centré sur la sécurité | Pas de preuve suffisante d’un déploiement commercial durable |
| Tesla Optimus | États-Unis | Programme généraliste pour tâches répétitives ou dangereuses | Échelle industrielle potentielle | Aucun déploiement documenté comme agent de sécurité |
Les tâches plausibles dans un pilote bien encadré
Ronde intérieure sur un itinéraire stable
Le robot peut parcourir un couloir, s’arrêter à des points définis, transmettre une image et revenir à sa station. Le parcours doit être testé avec portes, reflets, objets déplacés, personnes et pertes de réseau. Une reprise en main humaine reste nécessaire.
Levée de doute à distance
Après une alarme, un opérateur peut envoyer le robot observer une zone, transmettre une image visible ou thermique et établir une communication. Le robot sert de capteur mobile. Il ne décide pas seul qu’une personne est dangereuse.
Téléprésence et information
Un opérateur peut parler à travers le robot, donner une consigne ou orienter un visiteur. Les messages devraient être standardisés. Un modèle de langage ne doit pas improviser une menace, une accusation ou une instruction juridique.
Manipulation simple
Le robot peut éventuellement appuyer sur un bouton, présenter un lecteur, déplacer un objet léger, ouvrir une porte compatible ou porter un capteur. Chaque geste doit être validé dans la configuration exacte. Une main visible dans une vidéo ne prouve pas que le robot manipulera toutes les serrures.
Inspection technique combinée
Un humanoïde peut lire un écran, observer un voyant ou porter un capteur avant ou après une ronde de sûreté. Ce partage avec la maintenance peut améliorer l’intérêt économique, à condition de séparer les finalités et les accès aux données. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans Apptronik Apollo 2 · page officielle.
Ce qu’il ne faut pas lui confier
En 2026, un humanoïde autonome ne devrait pas décider qu’une personne est suspecte ou dangereuse, poursuivre, bloquer, retenir ou fouiller quelqu’un, utiliser une arme, intervenir seul dans une altercation ou patrouiller sans assistance dans une foule.
Il ne devrait pas autoriser ou refuser automatiquement un accès avec un effet important, remplacer le jugement humain lors d’un incendie, enregistrer le son en permanence, utiliser la reconnaissance faciale sans analyse spécifique ou continuer lorsque la localisation, les capteurs ou la liaison ne sont plus fiables.
La bonne architecture prévoit un arrêt sûr, une mise à distance et une escalade humaine. Elle n’essaie pas de rendre le robot intimidant. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans 1X NEO · page officielle.
Humanoïde, robot roulant, quadrupède ou drone ?
Si la mission consiste uniquement à filmer et transmettre une alerte sur un sol plat, la forme humanoïde apporte peu. Elle devient intéressante lorsque l’accès par escalier ou la manipulation d’un équipement humain constitue le vrai problème.
| Critère | Humanoïde | Robot roulant | Quadrupède | Drone automatisé |
|---|---|---|---|---|
| Sol plat et structuré | Possible, souvent inutilement complexe | Excellent | Bon | Non pertinent au sol |
| Escaliers et infrastructure humaine | Potentiel élevé, route à valider | Faible | Très bon selon la plateforme | Contourne certains obstacles |
| Manipulation de portes et objets | Principal avantage théorique | Limitée sans bras | Limitée sans bras | Très limitée |
| Vue rapide d’un grand périmètre | Faible à moyenne | Moyenne | Moyenne | Excellente |
| Endurance et simplicité | Encore défavorables | Généralement les meilleures | Moyennes | Limitées par le vol et la recharge |
| Robustesse extérieure | Peu démontrée | Variable | Souvent la meilleure au sol | Dépend de la météo et des règles |
| Risque physique près du public | Élevé en cas de chute ou de mouvement du bras | Plus facile à contenir à basse vitesse | À analyser selon masse et allure | Risque aérien spécifique |
| Maturité en sécurité | Très faible | Élevée pour plusieurs modèles | Moyenne pour inspection et levée de doute | Élevée sur certains sites industriels |
| Meilleur usage actuel | Manipulation expérimentale en site contrôlé | Ronde régulière sur sol préparé | Terrain complexe et inspection | Levée de doute rapide et grands périmètres |
La sécurité physique doit être indépendante de l’intelligence du robot
Un humanoïde combine une masse mobile, des articulations puissantes, des mains et parfois un modèle d’IA qui interprète une instruction. Une erreur informatique peut donc produire un mouvement physique.
L’arrêt d’urgence, les limites de vitesse, les zones interdites, la détection de personne et la limitation des forces ne devraient pas dépendre uniquement du modèle d’IA. Ces fonctions nécessitent une couche de contrôle indépendante et vérifiable.
ISO 10218-1:2025 traite de la sécurité des robots industriels. ISO 13482 traite notamment de robots de service au contact de personnes. Des travaux se poursuivent pour les robots mobiles industriellement dynamiques, notamment à jambes. Une certification générique ne suffit donc pas pour un humanoïde mobile dans un espace partagé. Le cadre de référence est précisé dans ISO 10218-1:2025 · sécurité des robots industriels.
Le pilote doit mesurer les chutes, arrêts, contacts, pertes de localisation, interventions humaines et comportements après une mise à jour. Il doit aussi tester l’arrêt d’urgence depuis plusieurs positions et le retour à un état sûr après une coupure.
Pour approfondir ce point, consultez Comparatif des quadrupèdes. X30, B2, ANYmal et Spot face aux besoins industriels.
Cybersécurité : une prise de contrôle devient un risque physique
La surface d’attaque comprend le robot, sa station, le poste opérateur, les comptes cloud, les API, les cartes du site, la vidéo, les microphones, les mises à jour et les interfaces avec le contrôle d’accès.
L’IA doit rester une fonction surveillée du système, pas son unique barrière de sécurité. Une API d’IA ne devrait jamais pouvoir contourner les limites physiques.
Exigences minimales avant un pilote
Le dispositif doit rester contrôlable même après une perte du cloud ou du réseau.
- Isoler le robot dans un segment réseau dédié.
- Utiliser des comptes nominatifs, une authentification forte et le moindre privilège.
- Chiffrer les communications et journaliser les commandes à distance.
- Limiter l’accès du fabricant ou de l’intégrateur dans le temps.
- Vérifier la signature et le retour arrière des mises à jour.
- Demander une politique de correction et une nomenclature logicielle.
- Définir un mode sûr qui ne dépend pas d’une réponse d’IA.
- Tester la restauration, la révocation des accès et la fin du contrat.
Pour approfondir ce point, consultez IA et surveillance. Concevoir des fonctions explicables et supervisées.
En Suisse, le robot reste un outil et non un agent autorisé
La loi ne crée pas de statut spécial pour les humanoïdes. Dès qu’une personne est reconnaissable, la loi fédérale sur la protection des données s’applique. Un robot mobile doit respecter la finalité, la proportionnalité, la transparence, la sécurité et la protection des données dès la conception. Le cadre de référence est précisé dans Loi fédérale sur la protection des données.
Le PFPDT rappelle que la vidéosurveillance privée doit se limiter au bien-fonds et ne pas filmer inutilement la rue ou les voisins. Sur le lieu de travail, la surveillance du comportement des employés est interdite. Un itinéraire acceptable la nuit peut devenir disproportionné lorsque les collaborateurs sont présents. Le cadre de référence est précisé dans PFPDT · vidéosurveillance sur le lieu de travail.
Si le robot identifie, classe ou suit des personnes, il faut documenter la finalité, les données et les erreurs. Une analyse d’impact peut être nécessaire lorsque le risque est élevé. Une décision individuelle entièrement automatisée ayant un effet important appelle aussi une information et une révision humaine.
Dans plusieurs cantons romands, le Concordat sur les entreprises de sécurité définit l’agent de sécurité comme une personne physique et soumet les activités à autorisation. Un robot ne devient pas un agent autorisé parce qu’il porte un uniforme ou dialogue avec le public. Il peut être un moyen technique exploité sous la responsabilité de personnes et d’entreprises autorisées. Le cadre de référence est précisé dans Concordat sur les entreprises de sécurité.
Le fournisseur, l’intégrateur, l’exploitant, le prestataire de télésurveillance et l’opérateur doivent répartir précisément leurs responsabilités. Cette partie constitue une information générale et non un avis juridique.
Pour approfondir ce point, consultez Cadre suisse. Protection des données, travail, responsabilité et cybersécurité.
Quel horizon réaliste et quels critères avant un pilote ?
Un premier pilote est envisageable dès maintenant si la mission exige réellement des bras, des mains ou une circulation dans une infrastructure humaine, si le fournisseur répète la tâche exacte et si un humain garde l’autorité, la reprise en main et l’intervention.
Entre 2027 et 2029, certains humanoïdes industriels pourraient devenir des assistants de sûreté sur des sites contrôlés. Ils pourraient combiner inspection, manipulation et levée de doute. Cette évolution dépendra des performances mesurées, des normes, du service local, de l’assurance et de la cybersécurité.
Il n’existe pas de date crédible pour un humanoïde remplaçant complètement un agent de sécurité. L’horizon doit être défini par des preuves, pas par une année annoncée.
Douze critères avant d’autoriser un pilote
Une démonstration réussie lance l’évaluation. Elle ne la termine pas.
- Besoin réel : pourquoi un humanoïde plutôt qu’une plateforme plus simple ?
- Tâche bornée : quel trajet, quel objet et quelles décisions sont autorisés ?
- Preuve répétée : combien de cycles complets sans assistance cachée ?
- Autonomie déclarée : quelle part est autonome ou téléopérée ?
- Sécurité physique : masse, vitesse, forces, chute et arrêt d’urgence.
- Disponibilité : taux de missions terminées et interventions par service.
- Environnement : lumière, portes, escaliers, sol, météo, public et réseau.
- Cybersécurité : comptes, segmentation, mises à jour et journaux.
- Protection des données : champ, audio, biométrie, conservation et transferts.
- Gouvernance humaine : responsable, escalade et interdiction de la force autonome.
- Support : pièces, techniciens, délais, assurance et fin de service.
- Critères d’arrêt : événements qui suspendent immédiatement le pilote.
Questions fréquentes
Un robot humanoïde peut-il remplacer un agent de sécurité ?
Non en 2026. Il peut effectuer une tâche limitée, transmettre des observations et servir de téléprésence. Un humain doit encore qualifier l’événement, décider et intervenir.
Existe-t-il déjà des humanoïdes policiers ?
Des humanoïdes ont accompagné des policiers lors de démonstrations ou d’événements, notamment à Shenzhen. Cela ne prouve pas qu’ils exercent de façon autonome les fonctions d’un policier ou d’un agent de sécurité.
Quel humanoïde est le plus proche d’un usage de sécurité ?
Aucun modèle ne dispose d’une preuve publique suffisante pour être recommandé comme agent autonome. Walker S2, Digit, Figure 03 et Atlas apportent des preuves industrielles. HERO vise directement la sécurité, mais son déploiement durable reste à démontrer.
Un humanoïde peut-il ouvrir une porte ou utiliser un ascenseur ?
Certains modèles savent manipuler des objets ou appuyer sur des commandes dans des essais. Chaque porte, poignée, badge et ascenseur doit être intégré et testé. La capacité ne doit pas être supposée à partir d’une vidéo.
Pourquoi ne pas utiliser un robot quadrupède ?
Un quadrupède est généralement plus mature pour les escaliers, les sols irréguliers et l’inspection. L’humanoïde devient pertinent si la manipulation à deux bras ou l’usage d’équipements humains est indispensable.
Un robot humanoïde de sécurité est-il légal en Suisse ?
Le robot peut être utilisé comme outil si la sécurité physique, la protection des données, le droit du travail et les règles applicables aux entreprises de sécurité sont respectés. Il n’est pas lui-même un agent autorisé.
Peut-il utiliser la reconnaissance faciale ?
Une telle fonction soulève des risques juridiques et éthiques élevés. Une détection de présence sans identification est généralement plus proportionnée. Tout projet biométrique demande une analyse spécifique.
Quand les humanoïdes deviendront-ils courants dans la sécurité ?
Il n’existe pas de calendrier fiable. Des pilotes ciblés peuvent apparaître sur des sites industriels. Le remplacement général d’agents humains n’est ni démontré ni datable.
