Cette page rassemble les notions essentielles et conduit vers des dossiers plus spécialisés. Les capacités, contraintes et règles doivent toujours être vérifiées pour le terrain et l’usage concernés.
À quoi sert réellement un drone de surveillance ?
Un drone de surveillance est une caméra mobile aérienne qui peut rejoindre un point d’intérêt, suivre un itinéraire autorisé et transmettre des images à un opérateur. Dans une architecture de sûreté, son intérêt principal est la rapidité de la levée de doute : lorsqu’un capteur périmétrique signale un mouvement à 300 mètres du bâtiment, le drone peut fournir un angle complémentaire sans envoyer immédiatement une personne dans une zone potentiellement dangereuse.
Une boucle de sûreté, pas un objet volant isolé
Une mission utile suit une boucle simple : détecter, qualifier, observer, décider, documenter. Un radar, une barrière infrarouge, une caméra ou un contrôle d’accès déclenche une alerte. Le système vérifie que les conditions de vol sont réunies. Le drone rejoint ensuite une zone prédéfinie, tandis qu’un télépilote ou un centre de supervision suit la mission et peut l’interrompre. Les images pertinentes alimentent enfin la procédure prévue : appel au responsable, annonce à une personne présente, intervention d’un service de sécurité ou, si les faits le justifient, alerte aux autorités.
- Patrouille programmée sur une trajectoire et dans un créneau autorisés
- Départ sur alerte pour obtenir un second angle de vue
- Inspection visuelle ou thermique d’une zone inaccessible
- Transmission en direct à un opérateur habilité
- Retour automatique à une station de recharge après la mission
Un rôle différent selon la taille du site
Sur une villa, le drone peut ponctuellement vérifier une grande parcelle, une dépendance ou un accès éloigné, mais les voisins et l’espace public imposent des limites fortes. Sur un entrepôt ou une plateforme logistique, il peut examiner une clôture, une rangée de remorques ou un toit après une alerte. Sur un site industriel, il ajoute une vue d’ensemble à des capteurs au sol et peut éviter d’exposer un agent à une fumée, une fuite présumée ou un terrain instable. Plus le périmètre est vaste et structuré, plus sa mobilité peut devenir pertinente.
Drone-in-a-box : ce qui rend les missions répétables
Un drone tenu dans un coffre de voiture peut rendre service pour une inspection planifiée. Il n’est cependant pas disponible à la seconde où une alerte arrive. Le concept « drone-in-a-box » ajoute une station fixe qui protège l’appareil, recharge sa batterie, contrôle certains paramètres et permet un décollage depuis le site. C’est cette infrastructure, plus que le drone seul, qui rend envisageables les rondes récurrentes ou la levée de doute à distance.
Une station, des communications et un contrôle de mission
Une installation professionnelle associe généralement un abri résistant aux intempéries, un mécanisme de recharge, une liaison de données, un logiciel de planification et une console de supervision. Avant le départ, le système peut vérifier la disponibilité de l’appareil, l’état de la batterie, la fermeture de la station, la météo mesurée sur place et les restrictions configurées. Pendant le vol, la position, les alertes techniques et les flux utiles sont transmis au centre de contrôle.
- Zone de décollage dégagée et protégée contre l’accès
- Mesure locale du vent, des précipitations et de la visibilité
- Liaison chiffrée et solution de repli en cas de perte de communication
- Géorepérage des trajectoires et zones à ne jamais survoler
- Journal technique des vols, alarmes, interventions et mises à jour
Automatisé ne signifie pas autonome au sens absolu
Un itinéraire peut être généré et exécuté automatiquement, tandis qu’un opérateur surveille plusieurs étapes et conserve la possibilité de reprendre la main. Il faut éviter de confondre automatisation du décollage avec autonomie de jugement. Le système sait rejoindre des points, stabiliser une caméra et revenir à sa base ; il ne possède pas pour autant le contexte humain nécessaire pour décider qu’une personne est malveillante, qu’une urgence est réelle ou qu’une intervention est proportionnée.
Pour approfondir ce point, consultez Intelligence artificielle et surveillance. Ce que l’analyse automatisée sait détecter, et pourquoi l’humain reste indispensable.
Caméra optique, thermique et navigation : choisir les bons capteurs
Le drone est un porteur. L’information utile provient de sa charge capteur, de la qualité de la transmission et de la manière dont l’image est interprétée. Une caméra visible haute définition permet de reconnaître un véhicule, un dommage ou une porte ouverte lorsque la lumière est suffisante. Une caméra thermique représente les différences de rayonnement thermique ; elle peut faire ressortir une présence, un échauffement ou une zone humide selon le contexte, mais elle ne « voit » pas magiquement à travers les murs.
Optique et thermique sont complémentaires
La thermique excelle pour attirer l’attention sur une différence de température, notamment dans l’obscurité. Elle peut toutefois être perturbée par un sol chauffé au soleil, une surface réfléchissante, une végétation dense ou des conditions atmosphériques défavorables. L’optique apporte les couleurs, textures et détails nécessaires à la compréhension. Une levée de doute robuste alterne ou combine les deux au lieu de présenter la thermique comme une preuve autonome.
- Caméra grand-angle pour la situation générale
- Zoom stabilisé pour qualifier un détail sans rapprochement excessif
- Thermique pour rechercher des contrastes de chaleur, surtout la nuit
- GNSS, inertie et capteurs d’obstacles pour la navigation
- Éclairage au sol et caméras fixes pour compléter les zones masquées
L’IA aide à trier, elle ne rend pas le constat infaillible
Une analyse d’image peut signaler une forme humaine, un véhicule arrêté ou un changement inhabituel, puis proposer au superviseur les séquences les plus pertinentes. Elle réduit la fatigue liée au visionnage, mais produit des faux positifs et des omissions. Un animal, une ombre ou une bâche agitée peuvent déclencher une alerte ; une personne partiellement cachée peut ne pas être détectée. Les seuils doivent être réglés sur le site, mesurés et revus, avec validation humaine avant toute action sensible.
Usages concrets pour villas, entreprises et sites industriels
La pertinence d’un drone augmente lorsque le site comporte de la distance, des obstacles ou des zones dangereuses. Il peut survoler rapidement une cour où une caméra fixe ne donne qu’un angle partiel, vérifier l’origine d’une alerte sur un toit ou parcourir une limite foncière. À l’inverse, dans un petit jardin proche d’une route et de plusieurs voisins, des caméras correctement placées seront souvent plus simples, plus discrètes et plus faciles à exploiter légalement.
Villa et grande propriété privée
Sur un domaine étendu, un départ sur alerte peut aider à vérifier un portail secondaire, une dépendance ou une lisière sans demander au propriétaire de sortir. Une ronde ponctuelle peut aussi contrôler les abords après une tempête. Le dispositif doit cependant être conçu pour ne pas filmer les jardins voisins, les fenêtres adjacentes ou le trottoir. Une trajectoire courte à l’intérieur de la parcelle, des angles de caméra limités et des masques de confidentialité sont souvent plus défendables qu’une patrouille aérienne large.
Entrepôt, commerce et plateforme logistique
La nuit, une alerte peut concerner une clôture, un quai, une remorque, une réserve extérieure ou une rangée de véhicules. Le drone fournit une vue transversale et suit un itinéraire sans qu’un agent traverse seul toute la plateforme. Il peut aussi vérifier une accumulation d’eau, un obstacle ou un dégagement de fumée. Dans un environnement où des chauffeurs, sous-traitants ou équipes de nuit circulent, le protocole doit tenir compte des personnes impliquées et non impliquées, des horaires, de l’information et des zones interdites au survol.
Industrie, énergie et grands périmètres
Un site industriel peut combiner sûreté et observation technique : accès non autorisé, clôture endommagée, toiture, échauffement apparent, canalisation extérieure ou zone temporairement dangereuse. Le drone réduit parfois le temps d’exposition d’un technicien, mais il ne remplace pas une mesure certifiée ni un diagnostic métier. Une anomalie thermique demande une vérification par la personne compétente ; une personne détectée exige une qualification par la supervision.
Pour approfondir ce point, consultez Robots de surveillance. Fonctionnement, modèles et usages des plateformes terrestres.
Levée de doute : transformer une alerte en décision
Une alarme périmétrique indique qu’une condition est remplie ; elle ne raconte pas toute la scène. Une branche, un animal, un employé en retard ou une intrusion peuvent produire des signaux voisins. La levée de doute consiste à rassembler assez d’éléments pour choisir une réponse proportionnée. Le drone est précieux lorsqu’il apporte un angle manquant, mais sa vidéo doit rejoindre la même console que les caméras, contrôles d’accès et informations du site.
De l’événement technique à la réponse humaine
Imaginons un scénario illustratif sur un entrepôt : à 02 h 18, deux capteurs voisins détectent un franchissement près des remorques. La caméra fixe montre un mouvement incomplet derrière un véhicule. Si le vol est autorisé et la météo compatible, le drone rejoint un point d’observation sans survoler de voie publique. L’opérateur constate qu’un utilitaire non attendu se trouve dans la zone et suit la procédure d’escalade. Cette histoire n’est pas un fait de presse et ne prouve pas qu’un drone empêcherait un vol ; elle montre comment plusieurs couches réduisent l’incertitude.
- Déclenchement confirmé par un ou plusieurs signaux fiables
- Vérification automatique et humaine des conditions de mission
- Observation limitée à la zone et au temps nécessaires
- Décision par un opérateur selon une matrice d’escalade
- Traçabilité de l’alerte sans conservation excessive des images
Intégrer plutôt qu’empiler les écrans
Si le télépilote, le gardien et le responsable reçoivent chacun une interface différente, le gain de vitesse disparaît. L’intégration doit présenter un incident unique avec sa localisation, ses images fixes et mobiles, son historique et les actions attendues. Elle doit aussi gérer les droits : le pilote n’a pas nécessairement besoin de toutes les données du contrôle d’accès, et le propriétaire ne doit pas pouvoir détourner le système pour observer des personnes sans lien avec la sûreté.
Deux cas réels qui montrent le potentiel — et le cadre
Les déploiements documentés aident à comprendre ce que les drones font aujourd’hui. Ils ne doivent pas être transformés en promesse universelle : les missions, autorisations, responsabilités et environnements diffèrent. Deux cas sont particulièrement instructifs, l’un en Suisse sur une zone sinistrée, l’autre aux États-Unis dans le domaine des premiers répondants. Le cadre de référence est précisé dans Questions générales sur les drones UAS (EASA).
Blatten : surveillance d’une zone dangereuse depuis une station
Après l’éboulement de mai 2025 à Blatten, en Valais, la zone touchée a nécessité une surveillance prolongée. Swisscom décrit la mise en service, à partir de fin juillet 2025, d’un drone automatisé installé dans une station résistante aux intempéries. L’appareil transmet des images visibles et thermiques à un centre d’opérations à Ittigen, où des télépilotes certifiés planifient et surveillent les vols. La commune cherchait notamment à détecter des entrées dans la zone interdite, ainsi que des événements tels que départs de feu ou atteintes aux bâtiments restés intacts. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans Des drones en action au-dessus de Blatten (Swisscom) et Réseau national Drones as a Service avec Nokia (Swisscom).
Ce cas illustre plusieurs principes importants : une mission précisément définie, un périmètre exceptionnel, une base locale et une supervision distante. Le contexte aérien restait exigeant, avec des hélicoptères actifs au-dessus du site. Selon Swisscom, l’OFAC avait instauré une zone d’exclusion temporaire et un système distinct détectait les drones privés qui la violaient. Automatiser un appareil ne supprime donc pas la coordination de l’espace aérien ; cela la rend encore plus structurante. Le cadre de référence est précisé dans Règles de vol applicables aux drones (OFAC) et Questions fréquentes sur les drones (OFAC).
Chula Vista : une vue anticipée pour les premiers répondants
Aux États-Unis, la ville de Chula Vista a lancé en 2018 un programme de « Drone as First Responder » avec son service de police, dans le cadre d’un programme pilote de la Federal Aviation Administration. Une publication municipale de 2019 indiquait que le dispositif avait dépassé 1 000 missions. Son objectif était de fournir une vidéo en temps réel en réponse à des appels afin d’éclairer les intervenants avant leur arrivée. Le cadre de référence est précisé dans Le programme Drone as First Responder dépasse 1 000 missions (Ville de Chula Vista).
Ce programme concerne la sécurité publique américaine, pas la surveillance privée en Suisse. Il est cité pour démontrer un modèle opérationnel : un drone prépositionné, un départ lié à un événement et un professionnel qui utilise l’image pour préparer la réponse. Il ne constitue ni une autorisation transposable, ni un modèle de gouvernance à reproduire sans débat. L’ampleur des missions de police soulève d’ailleurs des exigences particulièrement fortes de proportionnalité, transparence et contrôle public.
VLOS, BVLOS et catégories : ce que le droit aérien change
En Suisse, les règles européennes relatives aux drones ont été reprises depuis 2023. Elles classent l’opération selon son niveau de risque plutôt que selon son caractère privé ou commercial. Un vol professionnel n’appartient donc pas automatiquement à la catégorie « spécifique » ; inversement, un vol de sécurité automatisé peut rapidement sortir des conditions de la catégorie « ouverte ». Le cadre de référence est précisé dans Catégorie ouverte pour les drones (EASA).
VLOS : le drone reste visible à l’œil nu
VLOS signifie que le télépilote maintient le drone en vue directe et peut observer l’espace aérien environnant. Regarder uniquement le retour vidéo ne suffit pas. Un observateur placé aux côtés du télépilote peut l’assister dans certaines configurations. De nuit, l’OFAC autorise le VLOS en catégorie ouverte avec des feux de position, mais rappelle que la distance doit être réduite lorsque la visibilité diminue.
BVLOS et catégorie spécifique : démontrer la maîtrise du risque
Le vol hors vue, ou BVLOS, figure parmi les opérations qui basculent dans la catégorie spécifique. L’exploitant doit obtenir une autorisation de l’OFAC ou, si les conditions d’un scénario standard sont réunies, suivre la procédure correspondante. L’OFAC précise qu’un dossier en catégorie spécifique doit démontrer une opération sûre, contrôlée et conforme, avec notamment un manuel d’exploitation et un plan d’intervention d’urgence. Selon le scénario, l’évaluation peut s’appuyer sur une méthodologie de risque comme SORA. Le cadre de référence est précisé dans Introduction à la catégorie spécifique (OFAC).
- Consulter la carte officielle des restrictions et le DABS avant l’opération
- Enregistrer l’exploitant lorsque l’obligation s’applique
- Vérifier la classe du drone et les compétences du télépilote
- Disposer de l’assurance responsabilité civile requise
- Documenter les procédures normales, d’urgence et de maintenance
Automatisation, pilote et responsabilité
Même si la station lance une mission préprogrammée, l’exploitation conserve une chaîne de responsabilités. L’organisation est l’exploitant, le télépilote exerce les fonctions prévues par le scénario et le propriétaire du site reste responsable de la finalité de sûreté et du traitement des données qu’il commande. Selon l’OFAC, les qualifications nécessaires en catégorie spécifique dépendent de l’opération et de son évaluation du risque. Il faut donc acheter une capacité d’exploitation conforme, pas seulement un matériel. Le cadre de référence est précisé dans Enregistrement en tant qu’exploitant de drones (OFAC).
Pour approfondir ce point, consultez Réglementation suisse. Droit aérien, données personnelles et responsabilités expliqués.
Vie privée, données et cybersécurité : concevoir une surveillance proportionnée
Un drone équipé d’une caméra peut capter des personnes depuis un angle inhabituel et franchir visuellement les limites physiques d’un terrain. En Suisse, dès que des personnes sont identifiables, les images constituent des données personnelles et la loi fédérale sur la protection des données s’applique. Le PFPDT rappelle que les particuliers doivent en principe limiter la zone filmée à leur propre bien-fonds : les parcelles voisines et l’espace public ne doivent pas être inclus. Le cadre de référence est précisé dans Vidéosurveillance effectuée par des particuliers (PFPDT) et Vidéosurveillance de l’espace public par des particuliers (PFPDT).
Minimiser la captation dès la conception
Le système devrait enregistrer uniquement ce qui est nécessaire à une finalité clairement formulée. Cela peut impliquer des géofences, des couloirs de vol intérieurs au terrain, des limites d’orientation de caméra, des masques de confidentialité, une résolution adaptée et un déclenchement sur événement plutôt qu’une captation permanente. La durée de conservation doit correspondre au besoin réel ; une séquence sans incident n’a pas vocation à devenir une archive indéfinie.
Les personnes susceptibles d’être filmées doivent être informées de façon transparente lorsque la loi l’exige et que le contexte le permet : collaborateurs, prestataires, résidents ou visiteurs. Sur un lieu de travail, la surveillance des employés obéit à des règles supplémentaires et ne doit pas être organisée comme un contrôle permanent de leur comportement. Une analyse juridique adaptée est indispensable pour les usages sensibles.
- Finalité écrite et base justificative identifiée
- Trajectoires et angles limités au périmètre nécessaire
- Accès aux images réservé aux rôles habilités
- Durée de conservation courte et suppression vérifiable
- Journalisation des consultations, exports et modifications
Protéger aussi le drone contre la compromission
Le drone, la station, le compte opérateur, le réseau mobile et la console forment une chaîne numérique. Une faiblesse peut exposer un flux vidéo, permettre une prise de contrôle ou rendre la mission indisponible. Le projet doit couvrir authentification forte, chiffrement, certificats, segmentation réseau, gestion des mises à jour, inventaire des composants et révocation des accès. Les données hébergées dans le cloud méritent la même attention que celles stockées sur le site.
Pour approfondir ce point, consultez Sécurité robotisée : guide complet. Concevoir une protection qui coordonne détection, robots, drones et intervention.
Météo, autonomie et obstacles : les limites à intégrer dès le départ
Un drone n’est pas une caméra fixe déplacée dans le ciel. Son autonomie est limitée, sa stabilité dépend du vent et sa disponibilité réelle varie avec la pluie, le froid, la chaleur, le brouillard, le givre et l’état de la batterie. Une station protégée améliore la résilience, mais elle ne rend pas l’appareil apte à voler dans toutes les conditions. Les limites du constructeur, de l’autorisation et du protocole interne doivent être appliquées ensemble.
Quand le drone reste au sol
Le système doit savoir refuser une mission. Vent supérieur au seuil, précipitations, visibilité insuffisante, trafic aérien particulier, activité inhabituelle sur le site ou défaut technique sont autant de motifs possibles. Cette indisponibilité n’est acceptable que si une solution de repli existe : caméras fixes, robot terrestre, patrouille humaine ou autre moyen de levée de doute.
L’environnement bâti crée aussi des turbulences et des masques de communication. Des lignes électriques, arbres, grues et structures fines peuvent être difficiles à détecter selon les capteurs et l’éclairage. La cartographie initiale ne suffit pas sur un chantier où le décor change chaque semaine. Des inspections du parcours et une gestion des modifications doivent faire partie du contrat d’exploitation.
- Seuils météo mesurés localement et documentés
- Réserve de batterie imposée pour chaque trajet
- Points d’atterrissage de secours identifiés
- Réévaluation après changement du site ou des obstacles
- Couche de sécurité alternative lorsque le vol est annulé
La présence du drone peut aussi avoir un coût social
Le bruit, la visibilité et le sentiment d’être observé influencent l’acceptabilité, même lorsqu’un vol est légal. Une patrouille nocturne répétée peut déranger des résidents ; un appareil au-dessus d’une équipe peut créer de la méfiance. Réduire la fréquence, choisir des trajectoires éloignées, expliquer la finalité et consulter les personnes concernées favorisent une protection durable. Une solution techniquement performante mais rejetée par ceux qui vivent ou travaillent sur place échouera tôt ou tard.
Comment évaluer et déployer une solution de drone de surveillance
Un projet sérieux commence par le plan du site, l’historique des incidents, les actifs critiques et les décisions à prendre en cas d’alerte. L’étude vérifie ensuite si une vue aérienne apporte réellement une information inaccessible aux caméras fixes ou aux robots terrestres. Ce n’est qu’après cette démonstration que le scénario de vol, les capteurs, la station et l’exploitation peuvent être dimensionnés.
Les questions à poser avant de signer
Demandez quel événement déclenche le vol, qui le valide, dans quelle catégorie l’opération se déroule et qui en est l’exploitant. Exigez la description des comportements en cas de panne, des qualifications des pilotes, des restrictions météo et du traitement des images. Le fournisseur doit pouvoir montrer comment la mission évite l’espace public et les propriétés voisines, et comment les trajectoires seront adaptées lorsque le site change.
Vérifiez aussi la chaîne d’intervention. Si une présence est confirmée, qui reçoit l’alerte ? Dispose-t-il d’une vue suffisante, d’un numéro d’appel et d’une consigne ? À quelle condition sollicite-t-on un agent ou la police ? Le drone n’a de valeur que si sa donnée raccourcit une décision pertinente.
- Quel risque précis le drone réduit-il mieux qu’une caméra fixe ?
- Le vol prévu est-il VLOS ou BVLOS, et sous quelle autorisation ?
- Quel taux de disponibilité est attendu selon les saisons ?
- Comment sont mesurés faux positifs, délais et missions annulées ?
- Où sont hébergées les données et qui peut les consulter ?
- Quelle solution prend le relais lorsque le drone ne vole pas ?
Piloter avant de généraliser
Une phase pilote peut se concentrer sur un secteur et deux ou trois scénarios : alerte clôture, contrôle de toiture et ronde nocturne planifiée. Elle doit se dérouler sur plusieurs semaines, avec différentes conditions d’éclairage et d’activité. On mesure le délai entre l’alerte et l’image utile, la proportion de missions annulées, la qualité de la transmission, le nombre de fausses alertes et le temps humain réellement économisé.
Quatre systèmes drone-in-a-box à comparer
Les systèmes disponibles n’adressent pas exactement les mêmes terrains. Sunflower Labs Beehive se concentre sur la vérification d’alertes autour de grandes propriétés avec une station et une opération distante. Skeyetech E2 d’Azur Drones vise les sites sensibles et industriels avec un positionnement européen. DJI Dock 3 propose un écosystème matériel et logiciel très étendu autour des Matrice 4D et 4TD. Percepto Air Max privilégie l’inspection industrielle automatisée et l’analyse récurrente des données. Les caractéristiques annoncées sont détaillées dans Solution automatisée drone-in-a-box 5G (Nokia).
Une comparaison utile ne se limite pas à la caméra ou à l’autonomie annoncée. Elle examine la catégorie de vol, la station, les conditions météo, le traitement des données, les intégrations, l’opérateur, le support suisse et le coût du service. Nos analyses détaillées distinguent ce que le fabricant annonce de ce qu’un exploitant doit encore valider sur son site.
Questions fréquentes
Peut-on faire voler automatiquement un drone de surveillance en Suisse ?
Oui, certaines séquences peuvent être automatisées, mais le scénario doit respecter le droit aérien et rester sous la responsabilité d’un exploitant. En catégorie ouverte, le drone doit notamment rester en vue directe. Un vol automatisé à distance et hors vue relève généralement de la catégorie spécifique, avec autorisation de l’OFAC ou procédure adaptée. Automatique ne signifie donc ni libre de voler partout, ni dépourvu de supervision humaine.
Quelle est la différence entre VLOS et BVLOS ?
En VLOS, le télépilote garde le drone en vue directe à l’œil nu et surveille l’espace aérien qui l’entoure. Un simple retour caméra ne suffit pas. En BVLOS, l’appareil évolue au-delà de cette vue directe. En Suisse, le BVLOS n’est pas permis en catégorie ouverte ; il relève de la catégorie spécifique et nécessite un cadre opérationnel démontrant la maîtrise des risques.
Un drone thermique peut-il voir à travers les murs ?
Non. Une caméra thermique mesure le rayonnement provenant des surfaces visibles. Elle peut révéler un contraste de température, une présence dégagée ou un échauffement apparent, mais elle ne voit pas à travers un mur. Les vitres, matériaux réfléchissants, végétaux, soleil et conditions atmosphériques influencent également l’image. Toute anomalie thermique doit être interprétée dans son contexte et, si nécessaire, vérifiée par un spécialiste.
Un drone peut-il surveiller une villa la nuit ?
C’est techniquement possible dans certaines configurations, avec capteurs adaptés et scénario aérien conforme. Mais la trajectoire et la caméra doivent rester limitées à la propriété, sans surveiller les voisins ni l’espace public. Le bruit, la proximité des personnes et l’acceptabilité comptent aussi. Pour une petite parcelle, des capteurs et caméras fixes sont souvent plus proportionnés qu’une ronde aérienne régulière.
Que se passe-t-il en cas de pluie, de vent ou de perte de réseau ?
Le protocole doit fixer des seuils qui empêchent le départ ou interrompent la mission. En cas de perte de liaison, le drone applique un comportement prédéfini, par exemple retour, maintien limité ou atterrissage sur un point sûr selon le scénario approuvé. Une architecture de sûreté ne dépend jamais uniquement du vol : caméras fixes, capteurs, robot terrestre ou intervention humaine assurent la continuité.
Faut-il enregistrer un drone professionnel auprès de l’OFAC ?
L’OFAC enregistre l’exploitant, pas chaque drone. Les particuliers et organisations doivent en principe s’enregistrer, sauf lorsque l’appareil pèse moins de 250 grammes et ne dispose d’aucun capteur pouvant enregistrer des données personnelles. Un petit drone équipé d’une caméra ne bénéficie donc pas de cette exception. Les compétences du télépilote, la classe de l’appareil et l’assurance doivent également être vérifiées.
Les images prises par un drone de sécurité peuvent-elles être conservées ?
Seulement dans la mesure nécessaire à une finalité légitime et selon une durée proportionnée. Les accès doivent être limités, les consultations tracées et les séquences inutiles supprimées. Lorsque des personnes sont identifiables, la loi suisse sur la protection des données s’applique. Le système doit aussi éviter de filmer les parcelles voisines ou l’espace public, sauf situation exceptionnelle juridiquement justifiable.
Un drone remplace-t-il un agent de sécurité ou les caméras fixes ?
Non. Il apporte une vue mobile et peut réduire le temps nécessaire pour qualifier une alerte, mais il ne vole pas par tous les temps et ne comprend pas seul toutes les situations. Les caméras fixes assurent une présence continue ; les capteurs détectent ; l’opérateur interprète ; l’agent ou les autorités interviennent. La meilleure solution combine ces rôles selon les risques du site.
