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Ce guide fait partie de notre dossier homejacking en Suisse : protéger sa maison et sa famille.
Après une intrusion violente, il n’est pas nécessaire de tout régler immédiatement. La priorité est de mettre les personnes en sécurité et d’obtenir les secours nécessaires. Les constatations, la déclaration à l’assurance et les réparations viennent ensuite, avec l’aide des interlocuteurs concernés.
Si le danger persiste, appelez la police au 117. En cas d’urgence médicale, appelez le 144. Le 142 est le numéro d’aide aux victimes ; ce n’est pas un service d’intervention d’urgence. Source : Aide aux victimes Suisse.
Préserver votre sécurité et laisser la police organiser les constatations
Ne rentrez pas dans le logement pour vérifier si les auteurs sont partis et ne parcourez pas les pièces à leur recherche. Signalez à la police ce que vous savez et suivez ses indications. Si quelqu’un a besoin de soins, précisez-le dès l’appel.
La police bernoise recommande de ne pénétrer sur les lieux qu’en cas de nécessité absolue et de ne pas toucher aux éléments susceptibles de porter des traces. La protection des personnes et les secours restent prioritaires. Source : police cantonale bernoise.
Vous pouvez noter les faits dont vous vous souvenez sans chercher à compléter les détails manquants. Distinguez ce que vous avez observé de ce qui vous a été rapporté. Si plusieurs personnes ont vécu l’événement, laissez chacune décrire ses souvenirs avec ses propres mots.
Répartir les démarches pour ne pas tout porter seul
Un proche de confiance peut vous aider à organiser les appels ou les documents. Donnez-lui une tâche limitée, par exemple conserver les références des interlocuteurs, plutôt que lui transmettre sans discernement tous vos accès numériques.
| Besoin | Interlocuteur | Information à conserver |
|---|---|---|
| Sécurité et constatations | Police | Référence du dossier et consignes reçues. |
| Soins | Services médicaux adaptés à la situation | Documents remis et rendez-vous proposés. |
| Déclaration du sinistre | Assureur ou intermédiaire | Numéro de sinistre, pièces demandées et étapes convenues. |
| Fermeture provisoire | Propriétaire, gérance ou professionnel selon le logement | Accord sur les travaux, facture et photos autorisées. |
| Accompagnement | Centre d’aide aux victimes | Coordonnées d’un interlocuteur et prochaines démarches. |
Ce tableau ne fixe pas un calendrier obligatoire. La gravité de la situation, les consignes de la police et les besoins des occupants déterminent l’ordre concret.
Déclarer le sinistre sans attendre d’avoir un inventaire parfait
Contactez votre assureur rapidement pour connaître les démarches et délais de votre contrat. Expliquez les faits avec précision, notamment les menaces ou violences, sans chercher à choisir vous-même la qualification juridique ou assurantielle.
Les contrats peuvent distinguer le vol par effraction, le détroussement, les dommages au bâtiment et les biens mobiliers. L’absence de serrure forcée ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à l’absence de couverture. La Mobilière décrit notamment le détroussement comme un vol avec violence ou menace ; l’indemnisation dépend toutefois du contrat concerné. Source : distinctions présentées par la Mobilière.
Demandez à l’assureur quels justificatifs fournir, quelles mesures urgentes prendre et quels travaux nécessitent son accord. Faites préciser les franchises, plafonds et éventuelles limites applicables aux objets concernés. Une description commerciale générale ne remplace pas cette réponse sur votre police d’assurance.
Préparer les pièces utiles progressivement
Lorsque la police autorise les démarches sur place, établissez une liste provisoire des objets manquants et des dommages. Les factures, photos, références ou numéros de série peuvent aider à documenter le dossier. La Mobilière recommande notamment de rassembler les justificatifs et de coordonner les étapes après un cambriolage. Source : guide après un cambriolage.
Créez un dossier unique comprenant les échanges, références, dépenses et documents transmis. Indiquez la date d’envoi de chaque pièce. Si une information reste incertaine, notez-le : un inventaire provisoire clairement présenté est préférable à une estimation transformée en certitude.
Avant des réparations définitives, coordonnez-vous avec la police, l’assureur et, selon le logement, le propriétaire ou la gérance. La remise en sécurité urgente et la conservation des constatations doivent être conciliées avec leurs consignes.
Clés, cartes, badges et comptes : traiter ce qui a réellement été compromis
Faites une liste des moyens d’accès volés ou susceptibles d’avoir été divulgués : clés, badges, télécommandes, cartes bancaires ou comptes accessibles depuis un appareil emporté. Contactez les organismes concernés pour bloquer ou remplacer ces moyens selon leurs procédures.
Si un téléphone a été volé, pensez aux accès qu’il permettait d’utiliser, y compris ceux du logement. Demandez au prestataire comment révoquer une session ou un utilisateur sans désorganiser l’ensemble du système. Faites confirmer les actions effectuées et conservez les références.
Il n’est pas nécessaire de publier le récit de l’événement pour demander de l’aide. Limitez le partage des détails sensibles aux personnes et organismes qui en ont besoin.
Conserver les images pour les personnes habilitées
Si une caméra ou une alarme a enregistré l’événement, informez-en la police. Demandez comment préserver et transmettre les éléments utiles, notamment si leur effacement automatique approche. Conservez les fichiers originaux disponibles et évitez de les modifier.
Le PFPDT déconseille la diffusion publique d’images de personnes soupçonnées d’une infraction ; les éléments utiles doivent être remis à la police. Source : PFPDT. Un appel à identification sur les réseaux sociaux peut aussi exposer des tiers et rendre la situation plus difficile à gérer.
Demander de l’aide même sans avoir déposé plainte
L’aide aux victimes s’adresse notamment aux personnes dont l’intégrité physique, psychique ou sexuelle a été atteinte par une infraction. Elle peut aussi concerner leurs proches. Il n’est pas nécessaire de connaître l’auteur ou d’avoir déjà déposé plainte pour demander conseil. Source : conditions d’accès à l’aide aux victimes.
Les centres peuvent vous orienter sur les besoins psychologiques, sociaux et juridiques ainsi que sur les possibilités d’aide prévues pour votre situation. L’accueil est confidentiel. Le 142, accessible gratuitement vingt-quatre heures sur vingt-quatre, permet d’obtenir une première orientation ; vous pouvez aussi rechercher directement un centre de consultation.
Vous n’avez pas à attendre de pouvoir raconter l’événement de manière complète pour prendre contact. Un proche peut également demander comment vous soutenir sans vous imposer un rythme ou des décisions.
Revoir la protection du logement lorsque vous êtes prêt
Une remise en sécurité peut être urgente ; un projet complet demande davantage de recul. Séparez les réparations nécessaires des achats destinés à vous rassurer immédiatement. Un avis de prévention et une comparaison écrite des options peuvent aider à décider.
Lorsque ce sera le bon moment, notre guide du homejacking en Suisse et notre article sur les portes, fenêtres et le garage peuvent servir de support. Vous pouvez avancer par étapes, avec l’accompagnement de personnes de confiance.
Si vous souhaitez ensuite être accompagné dans la révision de votre dispositif, notre étude de protection de la villa peut aider à hiérarchiser les améliorations. Cette démarche de prévention est distincte des réparations urgentes et de l’aide aux victimes.