Cet article fait partie du dossier entreprises et sites logistiques.
Un entrepôt « fermé » n’est pas toujours vide. Une équipe termine, le ménage intervient ou un transporteur arrive plus tard. Pour sécuriser les périodes hors horaires, il faut connaître ces usages, confirmer l’état des accès et organiser la réponse aux alertes. Les capteurs et les rondes s’appuient sur cette information.
Le bon dispositif distingue une anomalie de fermeture, une présence autorisée, une détection à vérifier et une panne technique. Il permet au responsable de savoir ce qui reste disponible, sans transformer la surveillance de sûreté en suivi du travail des salariés.
Définir la fermeture réelle de chaque zone
Listez les quais, les accès piétons, les bureaux, les zones de stock et les espaces techniques concernés. Pour chacun, précisez la dernière activité prévue, les exceptions et la personne responsable de la remise en état. Un horaire d’entreprise unique ne décrit pas toujours les usages de tout le bâtiment.
Les recommandations de la Police cantonale valaisanne pour les entreprises invitent à examiner les accès et les biens à protéger. Pour un entrepôt, ajoutez le calendrier d’exploitation : une porte laissée dans un état prévu pour une livraison ne doit pas être interprétée sans ce contexte.
| Zone | Information avant fermeture | Responsable à identifier |
|---|---|---|
| Quais | Livraisons terminées ou exceptions annoncées. | Exploitation / responsable de quai. |
| Stockage | Accès et mouvements restant autorisés. | Responsable du stock. |
| Locaux occupés tardivement | Personnes et périodes prévues, selon une gestion proportionnée. | Responsable de l’équipe concernée. |
| Équipements de sûreté | Défauts connus et mesures provisoires. | Responsable technique ou prestataire. |
| Site extérieur | Flux encore autorisés et conditions de fermeture. | Responsable de fermeture. |
Préparer une relève qui conserve les anomalies
La relève doit transmettre l’état réel du site, y compris les écarts : un équipement indisponible, une livraison reportée ou une zone temporairement inutilisable. Une formule « tout est fermé » ne suffit pas lorsque plusieurs entreprises ou équipes interviennent.
Définissez qui peut déclarer la fermeture, qui reçoit les réserves et qui peut autoriser une exception. Les informations doivent être accessibles au service qui vérifie les alertes. Évitez les messages dispersés entre plusieurs téléphones personnels, difficiles à retrouver ou à mettre à jour.
Télécharger la fiche de relève hors horaires (CSV)La fiche reste un outil de coordination. Elle ne remplace pas les procédures spécifiques de sécurité au travail, d’incendie ou de gestion des marchandises. Ces dispositifs conservent leurs responsables et leurs critères propres.
Relier les capteurs et les rondes à des points de contrôle
Un contact peut signaler un état d’accès ; une caméra peut fournir un contexte visuel ; une ronde peut constater une situation depuis un autre point. Définissez pour chaque mission l’anomalie recherchée, l’information attendue et la suite à donner. Ne confondez pas « le robot a terminé son trajet » avec « tous les points ont été vérifiés utilement ».
Notre article sur les rondes robotisées en entreprise propose de suivre les missions, les observations et les reprises manuelles. Sur un entrepôt, les palettes, engins, portes et zones de passage peuvent changer. La compatibilité du parcours et la sécurité des déplacements doivent être réévaluées.
Une détection thermique ou une caméra de sûreté ne remplace pas automatiquement un dispositif de sécurité incendie ou une surveillance technique réglementée. Si plusieurs finalités sont envisagées, chacune demande ses exigences et sa validation. La comparaison des rôles du robot, de l’agent et de la télésurveillance aide à éviter les promesses trop larges.
Préparer les exceptions et le traitement d’une alerte
Le service qui reçoit une alerte doit savoir quelle zone est concernée et quelles activités y restent autorisées. Prévoyez une manière de confirmer une exception et de la clôturer. Une autorisation temporaire ne doit pas désactiver durablement la surveillance d’une zone.
- Recevoir l’événement avec son heure et sa zone.
- Consulter les informations de fermeture et les exceptions à jour.
- Vérifier les éléments disponibles selon la mission et les droits d’accès.
- Appliquer la consigne et mobiliser les interlocuteurs prévus, sans présumer d’un délai d’intervention non contractuel.
- Consigner le résultat et remettre les réglages dans l’état convenu.
Le défaut technique doit suivre une procédure distincte. Une caméra hors ligne n’est pas une preuve d’intrusion, mais peut réduire la capacité de vérification. Le principe de matrice de continuité reste applicable : détection, trace, transmission et réception sont examinées séparément.
Protéger les biens sans suivre le comportement des salariés
Le cadre suisse exige de distinguer la finalité de sécurité de la surveillance du comportement. Le SECO traite notamment de la proportionnalité, de la participation et de la documentation du dispositif. Une activité après fermeture ne fait pas disparaître la protection des personnes.
Définissez l’information préalable, les zones observées, les droits de consultation et la conservation nécessaire. Ne réutilisez pas les images de sûreté pour suivre automatiquement les pauses ou la productivité. Les possibilités d’un logiciel ne constituent pas, à elles seules, une justification d’usage.
Le dossier vidéosurveillance et protection des données complète cette analyse. Les comptes, les accès distants et la maintenance doivent également être attribués ; les recommandations de l’OFCS constituent une base de discussion technique.
Tester la fermeture sur des scénarios représentatifs
Commencez par un périmètre limité et des essais annoncés : fermeture normale, livraison autorisée tardive, point de contrôle indisponible et perte de liaison. Vérifiez l’information reçue par le service, le contexte disponible et la capacité à appliquer les consignes. Documentez les écarts avant d’élargir.
Dans un cas fictif, une équipe de ménage termine dans une zone alors que le reste de l’entrepôt est fermé. Une alerte de présence est déclenchée. Si la relève indique cette activité et sa fin prévue, l’opérateur dispose du contexte nécessaire. Sans cette information, il risque une vérification inutile ou une désactivation trop large.
Reliez les résultats au plan de sûreté industriel et logistique et au coût complet du système. Le dispositif retenu doit être exploitable chaque soir, entretenu et corrigé lorsque les usages changent.
Questions fréquentes
Un entrepôt fermé peut-il encore accueillir des personnes autorisées ?
Oui. Ménage, maintenance, équipe tardive ou livraison peuvent continuer dans certaines zones. Ces exceptions doivent être connues des personnes qui traitent les alertes.
Une ronde terminée prouve-t-elle que tout est normal ?
Non. Il faut aussi vérifier que les points attendus ont été observés avec une information exploitable et que les éventuelles anomalies ont été traitées.
Faut-il désactiver toute la surveillance pour une livraison tardive ?
Une exception doit être limitée et organisée selon le dispositif. Une désactivation globale et durable ne doit pas devenir la réponse par défaut à un problème de coordination.
La caméra de sûreté peut-elle servir à contrôler le travail de nuit ?
La finalité et le cadre de chaque usage doivent être examinés. La sécurité ne justifie pas une surveillance du comportement des salariés ; les données ne doivent pas être réutilisées librement à d’autres fins.
Sources et méthode
La fiche de relève, les scénarios et la méthode de contrôle sont des outils éditoriaux originaux. Le cas de ménage est fictif ; aucune installation ni performance particulière n’est présentée comme validée. Sources consultées le 23 octobre 2026.
- Police cantonale valaisanne — Prévention des cambriolages en entrepriseProtection des accès, des biens et continuité de l’exploitation.
- SECO — Commentaire de l’article 26 OLT 3Conditions et documentation des systèmes de surveillance au travail.
- OFCS — Sécurité de l’Internet des objetsComptes, mises à jour et accès aux appareils connectés.